→Poum,
une petite mine


Exposition personnelle à L’attrape-couleurs
Résonance XIe Biennale d’art contemporain de Lyon
Une terrible beauté est née


Poum

 

Poum, un petite mine

Je suis sur une mine de nickel à ciel ouvert en Nouvelle-Calédonie. Je cible une des très nombreuses mines de l’île en raison de sa taille. La mine, d’environ 25 km², n’est finalement petite qu’au regard des autres se trouvant à proximité. La commune où se trouve le site se nomme Poum.

Alors que je dessine, un vieux mineur me dit «dans quelques temps tous ces paysages n’existeront plus, on ne vous croira jamais quand vous direz que c’est ici».

poum_AC (0)
poum_AC (1)
poum_AC (2)
poum_AC (3)
poum_AC (4)
poum_AC (5)
poum_AC (6)
poum_AC (7)
poum_AC (8)
poum_AC (9)
poum_AC (10)
poum_AC (11)
poum_AC (12)
poum_AC (13)
poum_AC (14)
poum_AC (15)
poum_AC (16)
poum_AC (17)
  • poum_AC (0)
  • poum_AC (1)
  • poum_AC (2)
  • poum_AC (3)
  • poum_AC (4)
  • poum_AC (5)
  • poum_AC (6)
  • poum_AC (7)
  • poum_AC (8)
  • poum_AC (9)
  • poum_AC (10)
  • poum_AC (11)
  • poum_AC (12)
  • poum_AC (13)
  • poum_AC (14)
  • poum_AC (15)
  • poum_AC (16)
  • poum_AC (17)

L’endroit est divisé en deux. Au nord, il n’a cessé d’être exploité depuis l’ouverture de la mine (apparition des roches volcaniques et anciennes – rouges, jaunes, ocres – et disparition des verts). Les lignes deviennent géométriques, l’espace est aride. Au sud, l’exploitation a cessé il y a 30 à 40 ans. Les routes s’effondrent (lignes brisées), les végétaux sont présents de façon anarchique. Il y a quelque chose de difficilement définissable entre ordre et chaos ; entre l’organisation humaine en voie de disparition et l’ordre naturel ébranlé qui reprend confusément place.

Pragmatique, j’étais venu voir ces matières-énergies (le nickel sert, entre autre, à la fabrication de batteries) en me demandant quelles formes pouvaient produire leur déplacement. Et voilà que j’entre dans un invraisemblable territoire : j’avais imaginé que ces paysages seraient comme des châteaux, puissances poussées vers le haut. Mais face à l’ouverture du sol, au niveau des pierres lourdes, métalliques et des terres sèchent, rouges, friables, et glissantes, il ne s’agit que d’effondrement et d’écrasement. J’avais pensé que l’industrie aurait forgé la nature à son image (fortifications, bases solides et élévations), son opposé a surgi et les résurgences organiques m’ont conduit, de façon tout à fait imprévue, à quelque étrange figure, genre de singulière vanité.

 

 

Entretien : Yann Lévy avec Matt Coco


Les commentaires sont fermés.